Réflexions sur le ‘mieux-être’
J’aurais donné des millions…..
Une partie de ma vie a été consacrée aux affaires. J’étais obsédé par mes objectifs. La concurrence ne me permettait pas le moindre assoupissement. Ma réussite sociale pour la sécurité des miens était ma préoccupation.
Toujours plus, toujours mieux
m’empêchait d’être content de moi. Combien de fois ne me suis-je observé
dire : « Quand j’aurai résolu tel problème ou obtenu tel résultat,
tout ira bien ». Mais une fois le résultat atteint, un problème nouveau obscurcissait mon ciel.
Cette tension perpétuelle engendrait un
mal de vivre somatisé par de réels malaises, je dis aujourd’hui ‘mal-être’.
J’aurais fait n’importe quoi pour en sortir !
Oui… j’aurais donné des millions…
Peut-on être plus malvoyant, plus malentendant, plus handicapé que je ne l’étais ? Vu de l’extérieur mon histoire peut vous paraître claire, mais elle ne l’était pas pour moi qui la vivais.
j’ai lu presque tout ce qui traite de cet inaccessible bonheur sujet qui n’est pas nouveau, les philosophes de l’antiquité m’ont donné de bonnes réponses, mais faut-il encore les intégrer de telle sorte que notre vie change ?
Las de souffrir, petit à petit j’ai
ouvert les yeux, j'ai tendu l’oreille. Enfin j’entrouvrais
mon cœur ! Qui cherche trouve. Un jour il m’a été donné d’entendre Jacques
Salomé, ses paroles ont fait écho aux messages que mon épouse disparue m’avait
tendrement distillé. Puis j’ai continué ma quête de mieux-être. J’ai lu de
nombreux auteurs, j’ai suivi des séminaires, des formations.
Aujourd’hui au stade de ma réflexion, comme dirait le petit prince, voilà mon secret : il est à la portée de chacun de nous depuis des millénaires :
« Écoute l’autre dans ce qu’il ressent, apprends
à t'écouter, à t’entendre, pose-toi des questions.
Vis
pleinement.
Cesse de subir, agis puis accepte, existe »
Je comprenais alors que ce ne sont
pas les événements, les mots, les comportements des autres qui me rendent
heureux ou malheureux, mais la manière dont je les vis.
Dès lors il est évident que tout
dépend de mon appréhension des choses.
Il ne me restait qu’à apprendre à
vivre mieux ce que j’avais à vivre. A utiliser de bonnes vieilles méthodes pour
me remotiver, pour transformer ma vision pessimiste des choses en optimisme
réaliste.
J’apprends à être moins affirmatif,
à abandonner mon désir effréné de tout régenter, en particulier le bonheur des
autres alors que j’étais incapable de faire le mien.
J’apprends chaque
jour à entrer
en relation avec moi-même. Ecouter un peu mieux l’autre quand il me parle de
lui, m’y aide. Je m’observe de l’extérieur tout en analysant mes ressentis émotionnels.
Cet exercice me permet de commencer
à détecter mes désirs profonds et à les respecter. Je cherche le pourquoi de
mes réactions négatives.
Tout cela, vous le savez ! Alors pourquoi votre vie ne
change t’elle pas ?
A quoi servent les recettes, les idées, les principes qui ne changent rien à ma vie ? Ils ne sont que mots, qui ne font même pas des poèmes.
Cette démarche qui tend simplement à ETRE plutôt qu’à paraître se résume par le célèbre : « to be or not to be ». être ou ne pas être, telle est la question.
Que signifie être ? Rien d’autre que d’exister pleinement, vivre tous
les instants heureux ou moins heureux,
faire face.
J’avais vécu de nombreuses années
sans être, dans un système
éducatif, de société, d’habitudes. Je commençais à m’interroger et à remettre
en question les croyances qui m’avaient été transmises par amour. Puis j’ai
commencé à me construire.
Un homme n’est homme que quand il
s’est réapproprié son éducation, où il n’est que le fruit d’un destin qu’il n’a
pas choisi.
Oui c’est la voie… Etre,
commencer à exister, prendre
conscience de son mal-être, de son bien-être, l’examiner, se questionner,
essayer de se comprendre. Pourquoi suis-je ainsi ?… Quel est le sens de ma
vie ? Vanité des vanités tout n’est que vanité… Plaisir des sens qui sont
éphémères s’ils n’ont pas de sens.
J’apprends à goûter, à déguster
chaque instant, chaque plaisir ou déplaisir.
Ne pas être présent, ne pas regarder
la peur qui m’habite, ce n’est pas être.
Etre,
c’est vivre tout, pleinement, les bonnes et les mauvaises heures.
Curieusement, j’observe que ma
volonté de vivre ma douleur en pleine conscience, l’atténue, la limite. Et pour
ce qui est du bien-être, l’effet est inverse : vivre ce bon moment le
grandit, le prolonge au point de le sortir du temps !
Même un amour merveilleux qui vit que
le temps d’un beau printemps peut, au lieu de regrets, prendre dimension
d’éternité.
Vivre c’est être dans sa vie, être
sa vie, le plus présent possible, le plus consciemment possible.
Chaque jour, l’homme devrait se
préoccuper de son progrès, progrès de conscience, de présence pour être plus homme.
C’est cela un vrai ‘développement
personnel’, celui qui invite à se mettre en intelligence avec soi, avec notre
condition, avec notre environnement naturel, pour être en meilleure
intelligence avec nos frères humains.
ETRE
n’est pas seulement un mot, mais un verbe actif qui s’associe naturellement avec
LIBRE. Plus je suis plus je me libère.
Chaque jour, j’apprends
l’acceptation, je réduis mes attentes et en accepte la non satisfaction. Je
regarde mes peurs dans les yeux, elles s’inclinent et j’en profite pour faire
grandir leur contraire : mes désirs, les vivre, les chérir même si je ne
peux les réaliser.
Il existe des méthodes simples, sans mystère, pour tendre vers ces objectifs. Il ne s’agit pas de chance, de niveau culturel, de moyens, d’argent, le mieux être n’est pas en vente même pour des millions… Si vous êtes en recherche, vous le trouverez le prix à payer est dans cette quête.
Je ne sais si cette réflexion vous ouvre quelques horizons, mais ce fut pour moi la plus grande découverte de mon existence. Apprendre à ETRE… devenir LIBRE.
Vivre et accepter de tout mon être, tout, même ce que je
redoute, pour que demain quand ma vie s’achèvera, je puisse accepter ma mort,
corollaire de ma vie, lui faire face et si possible être présent jusqu’au
dernier instant.
Je ressens combien ‘ETRE’ ne se conjugue qu’au présent (JE
SUIS) et je perçois dans l’alliance de ces deux mots une parcelle d’éternité.
Voilà mon cadeau, il a la valeur que
vous lui attribuerez.
E.T.R.E Jean DEAN
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